Longtemps méprisés par les intellectuels du pays et ignorés à l’étranger, les films Bollywood se voient enfin reconnus avec, en 2002, la nomination de Lagaan aux Oscars. La même année, la sélection à Cannes d’une autre grande production, Devdas, officialise cette reconnaissance mondiale. C’est également en 2002 que Cannes rend hommage à Raj Kapoor, "le Roi de Bollywwod".
D’autres prestigieux festivals de cinéma tels Marrakech, New York et Venise ont choisi cette année de rendre hommage à Bollywood. Ces événements ont permis à de nombreux pays, et notamment à la France, de découvrir le cinéma populaire indien. Bien que fidèles au cinéma d’auteur indien, le public et les critiques français découvrent Bollywood et semblent attirés par ce nouveau genre, comme le montre le succès de Devdas.
La culture cinématographique indienne remonte au début du XXème siècle. L’Inde est un pays où la religion a favorisé une expression théâtrale très forte, influencée par la mythologie et les épopées du Mahabarata et du Ramayana. Les Indiens trouvèrent donc naturel et facile de s’approprier un nouveau mode d’expression qui leur permettrait de perpétuer un phénomène socioculturel et religieux.
Calqués sur Hollywood, une véritable économie cinématographique se développe très vite à Bombay autour des studios de cinéma, les premières salles de cinéma apparaissent et un "star-system" émerge, qui peut être comparé à ce qu’Hollywood a connu dans les années 50.
Du Nord au Sud, une grande diversité culturelle, religieuse et ethnique a modelé les multiples facettes du cinéma indien. Les différents états et les régions ont su apporter une contribution cinématographique unique grâce à leurs traditions, leur langue et leur folklore. Les genres furent parfois opposés, mais sont devenus complémentaires avec le temps.
Ainsi, les cinémas de Bombay, Madras, Delhi ou bien celui de Calcutta possèdent chacun leurs caractéristiques et leurs normes.